Traumatisme  complexe

L’exposition à plusieurs événements de façon répétée mettant en cause mon intégrité psychologique et physique  est susceptible de générer un traumatisme complexe.

Quelques exemples de situations :

  • Les violences exercées dans des camps de concentration
  • La  guerre
  • La traite des êtres humains (exploitation sexuelle, travail forcé)
  • L’embrigadement coercitif (sectes, redressement idéologique...)
  • Le harcèlement (harcèlement sexuel, moral)
  • Au cours l’enfance et de l’adolescence nous sommes également plus exposés à des risques de trauma interpersonnel (être témoin de la violence conjugale, agression sexuelle avec ou sans contact, violence morale ou physique, négligence, abandon) avec moins ou pas de possibilités de s’en protéger.

Les traumas répétés et prolongés dans l’enfance ou l’adolescence affectent l’individu dans la construction de son identité et dans sa capacité à être en relation avec autrui.

Ces traumatismes sont le fait de l’action humaine ce qui vient fracturer le lien à l’autre, le sentiment de confiance en autrui et de prévisibilité du monde. D’autant que fréquemment les personnes perpétuant les actes nocifs sont les personnes sensées assurer un rôle de protection ou de soins.

Pour les enfants : les parents, grands-parents, professeurs, éducateurs, soignants ; pour les victimes de violences intrafamiliales : conjoint, belle famille ; pour les victimes de violences institutionnelles : militaires, policiers, soignants.

L’exposition répétée durable dans le temps à ces situations nocives se fait fréquemment dans un contexte d’isolement relationnel.

 

Au départ, les victimes de situations traumatisantes peuvent présenter les symptômes d’un stress post-traumatique, puis avec la réitération des traumas des mécanismes de défenses (déni, dissociation, refoulement, amnésie) se mettent en place et d’autres symptômes naissent.

 

Symptômes spécifiques au trauma complexe :

 

-      Modification de la régulation des émotions : la capacité à identifier mes besoins, mes limites est altérée (repli dans le silence ou l’agressivité), j’ai du mal à exprimer ce que je ressens (crise de colère, délinquance, hyper-réactivité à de petits stress, repli, comportements autodestructeurs, agoraphobie, angoisse, anxiété, TOC, fuite des émotions douloureuses dans des addictions tels que cannabis, alcool, boulimie, écrans, jeux, sexe, pornographie, présence de sentiment de honte/culpabilité, baisse du sentiment de valeur personnelle).

 

-      Altération de la sphère relationnelle : les contacts sociaux sont entravés par mon agressivité, la crainte, la méfiance, anxiété sociale. L’évitement des relations sociales peut coexister avec de la dépendance affective. Parfois, je mets en place avec l’agresseur un lien pathologique qui bien souvent m’enferme encore un peu plus dans la relation violente (percevoir l’agresseur comme digne de confiance est une stratégie adaptative qui me permet de faire reculer le sentiment de peur et d’anxiété).

 

-      Modification du système de croyances : Mon système de croyance envers moi-même, les autres et le monde est bouleversé. Je perds confiance en moi, en ma capacité à faire face. Cette perte de confiance peut également toucher ma relation aux autres dont je me méfie. La possibilité de se projeter dans le futur de façon positive devient difficile car l’intensité de la  détresse vécue me coupe de  toutes projections positives (par exemple : s’imaginer se sentir bien et heureux, vivre une vie normal, ressentir de la joie…). Un sentiment global de perte de sens ou d’impuissance peut m’envahir.

 

-      Des somatisations : mon corps traduit ma souffrance au travers de diverses pathologies somatiques qui peuvent être : digestives (colique, vomissement, diarrhée…), dermatologiques (eczéma, psoriasis, alopécie…), endocriniennes (trouble thyroïdien, diabète), respiratoires (asthme), cardiaques (hypertension, infarctus du myocarde), menstruelles (aménorrhée, irrégularité du cycle) et sexuelle (baisse du désir, anorgasmie, impuissance).