Cannabis

Les motivations de cette consommation :

Le principe actif du cannabis est le delta-9-tétrahydrocanabinol (THC). Quand il est fumé il est absorbé d’autant plus rapidement par l’organisme. Les effets recherchés diffèrent d’un individu à l’autre. Ma consommation peut-être sporadique comme journalière. Nous allons traiter des impacts d’un usage régulier et ancré dans la durée.

 

Parmi les motivations à la prise régulière de cannabis on retrouve plusieurs points fréquemment évoqués :

  •  Les personnes autour de moi fument, je fume pour tester, pour m’intégrer au groupe ou parce que j’ai l’impression que tout le monde fume.
  • J’ai du mal à gérer mes émotions (frustration, stress, angoisse, colère). Par exemple, le moment du soir où on se retrouve seul face à soi m’angoisse alors je fume pour faire baisser mon anxiété et arriver à m’endormir.
  • J’ai du mal à gérer l’ennui, la solitude, je comble un vide auquel je ne sais pas faire face.
  • Je ne me sens pas à l’aise avec les autres. J’ai le sentiment qu’en fumant cela devient plus facile.

 

Le tableau ci-dessous décrit les principaux avantages et inconvénients de cette consommation, identifiés couramment par les usagers :


                     Avantages

  • Calme l’angoisse et le stress
  • Plaisir immédiat, effets psychosensoriels agréables recherchés par certains fumeurs
  • Favorise les échanges sociaux entre consommateurs
  • Favorise le sentiment d’être comme les autres, de faire partie d’un groupe.

 

               Inconvénients

  • Diminue les réflexes
  • Dégrade la mémoire
  • Diminue la concentration et l’attention
  • Nécessite de toujours disposer du produit
  • Coût
  • Porte d’entrée sur les problèmes de polytoxicomanie
  • Favorise les cancers bronchiques et de la voie aéro-digestive supérieure ainsi que la bronchite chronique
  • Répercussions sur les études, des conséquences sociales, familiales et professionnelles sont possibles

Dr Charly Cungy, Faire face aux dépendances : alcool, drogues, jeux, internet. Retz, 2008, 183p.


Quels sont les impacts d'une consommation régulière ?

Les effets négatifs sont dus au principe actif mais aussi aux goudrons, produits de coupe, contamination  par des herbicides ou des moisissures.   

Les troubles cognitifs :

Les trois quarts des personnes consommant régulièrement du cannabis (au moins une fois par semaine sur trois ans) ont une altération de la mémoire et des troubles de l’attention.  Je peux récupérer mes capacités en stoppant l’usage du produit en 4 à 6 semaines. Cependant pour les personnes ayant débuté la consommation à l’adolescence, elles n’auront pas complètement récupéré leurs aptitudes cognitives au terme d’une année.

Le Quotient Intellectuel (QI) des usagers réguliers qui ont débuté leur consommation jeune (avant 18 ans) baisse de 8 points par rapport au QI des personnes qui ont débuté leur consommation après 18 ans.

Les recherchent montrent que plus ma consommation arrive tôt dans ma vie moins mon niveau d’étude sera élevé car les troubles cognitifs et le syndrome amotivationnel entravent la scolarité.

 

L’importance des troubles cognitifs sont corrélés à la dose, la fréquence et à l’âge de la première consommation. 

Les risques pour la santé physique :

  • La conduite sous l'effet du produit multiplie par 1,8 le risque d’être responsable d’un accident mortel de la route.
  • Les  cancers : la concentration de goudrons et composés cancérogènes est plus élevée dans une cigarette de cannabis que dans une cigarette de tabac. Il peut s’agir de cancer des poumons dont le risque est multiplié par trois mais aussi de la prostate ou de la vessie.
  • Problèmes vasculaires : infarctus, AVC, trouble du rythme cardiaque
  • Maladies respiratoires : toux, inflammations des voies respiratoires, bronchites, sinusites
  • Effets sur la fertilité : infertilité masculine et féminine, formation de kystes fonctionnels de l’ovaire
  • La grossesse : baisse du poids / de la taille du bébé et de la durée de la grossesse, des accouchements plus longs et plus difficiles, présence de méconium teinté qui traduit une souffrance  fœtale.
  • Malformations fœtales : malformation cardiaque, défaut de fermeture de la paroi abdominale,  plus de risque de mort subite du nourrisson, tumeurs.

les risques pour la santé mentale :

Le cannabis peut aggraver les troubles psychiatriques existants ou en déclencher la venue. Ces risques sont souvent peu ou mal connus des consommateurs alors qu’ils sont fréquents et invalidants.

 

Les troubles anxieux : apparition de symptômes d’anxiété qui peuvent aller jusqu’à une attaque de panique c'est-à-dire une énorme crise d’angoisse. Quand je vis une attaque de panique suite à une consommation de cannabis, il est fréquent que je décide d’arrêter de fumer pour ne pas revivre cela. Cependant, la suppression de la consommation ne veut pas dire un arrêt systématique des attaques de panique qui se transforment alors en trouble panique. La consommation dès l’adolescence augmente la probabilité d’un syndrome anxio-dépressif.

  •  Qu’est ce qu’une attaque de panique ? une crise d’angoisse aiguë avec des symptômes tels que des tremblements, douleurs /oppression de la poitrine, fourmillements, sensation d’étouffement/ d’étranglement, tachycardie, nausées. Ces sensations sont si fortes que j’ai l’impression que je vais mourir ou basculer dans la folie. Quand les attaques de panique envahissent mon quotidien on parle alors de trouble panique.

 

Troubles psychotiques : On observe une augmentation du risque d’apparition de troubles psychotiques telle que la schizophrénie. Plus j’ai débuté tôt dans ma vie la prise de produits et plus ma consommation à été fréquente plus je suis susceptible de développer ce type de troubles.

  • Qu’est ce que la schizophrénie : je présente des idées délirantes (création d’une néo-réalite sur des thématiques de persécution, mégalomanie, sentiment d’être sous influence ou qu’on lit dans mes pensées auquel j’adhère sans restriction), hallucinations (olfactives, auditives, visuelles, cénesthésiques), émoussement affectif, retrait social, comportement désorganisé. Les idées délirantes et les hallucinations sont pour moi réelles. Elles viennent envahir ma réalité, guident mes perceptions, mon comportement et coupent le lien à autrui ce qui provoque une souffrance et détresse majeure. Dans le langage quotidien, ces symptômes correspondent à ce que l'on appelle la" folie".

 

 

Syndrome amotivationnel :

Il est très fréquemment présent :

- Je glisse dans une apathie, une perte d’énergie, perte d’initiative et un appauvrissement intellectuel. 

- Je ne développe pas ou peu de centres d’intérêts nouveaux.

- Mes capacités attentionnelles et de concentration baissent.

- Je me désinvestis de mes études, mes activités sportives, artistique, sociales.

- Je peux être en difficulté pour maintenir une hygiène personnelle.